Casablanca, la plus grande ville du Maroc, située à 90 Km au sud de la capitale Rabat, étendue sur le littorale atlantique, la ville est passée d’un petit port que début du 20ème siècle, à une grande ville, considérée aujourd’hui comme la capitale économique et commerciale du Royaume.

Casablanca est la première ville au Maroc, sa population est estimée à 4,75 millions d’habitants. Elle est la 3ème ville en Afrique après Lagos et le Caire.

La ville est distinguée par son architecture joignant l’utile à l’agréable par son ancienne Médina, ses quartiers populaires, et ses grands immeubles de l’époque du protectorat, et l’après indépendance avec la construction de grattes ciel, de bâtiments administratifs, de sièges de sociétés, des centres commerciaux, des banques, des hôtels, des équipements sociaux, culturels et sportifs.

HISTOIRE

Casablanca, plus communément appelée « ville blanche » est la vitrine dynamique du Maroc moderne. Véritable locomotive économique et financière de l’économie nationale, elle réalise aujourd’hui 50 % du PIB National.

Son port draine les trois quarts du commerce national, son aéroport international est le premier du pays. La métropole connaît aussi une mutation de son économie et déploie aujourd’hui ses atouts dans le secteur tertiaire et des services, notamment dans la technologie.

En un siècle, la modeste bourgade d’Anfa est devenue une métropole de plus de quatre millions d’habitants et l’une des plus grandes villes d’Afrique. Mais si Casablanca est née au début du 19 ème siècle, le site est occupé depuis bien longtemps : on a retrouvé à Sidi Abderrahmane, prés d’Anfa, les vestiges d’un habitat néolithique.

Ce sont les Phéniciens qui firent du site une étape sur la route d’Essaouira. La cité va connaître son nouvel essor à l’époque du Sultan alaouite Sidi Mohammed Ben Abdallah qui dota la ville d’une grande mosquée et de Zaouïas et la ville prit alors la dénomination Dar el-Beïda, la « maison blanche ».

C’est à partir de 1781, quand les espagnoles y installèrent des comptoirs, que la traduction espagnole, Casa Blanca, se répandit. Des commerçants européens s’y installèrent et au début du XIX ème siècle, les Français obtiennent du sultan Moulay Abdelaziz (1894-1908) de construire un port. Casablanca, considérée premier port du Maroc à partir de 1920, elle devint également, en 1925, la première escale des lignes aériennes Latécoère (la future Aéropostal) reliant Toulouse à Dakar.

Après l’établissement du Protectorat, Lyautey et son architecte Henri Prost se lancent dans la réalisation du centre-ville moderne en construisant de larges boulevards bordés de grands et jolis immeubles .C’est dans cette ville que sera construite la première usine et que sera lancé le premier syndicat. En 1950, Casablanca est un centre commercial dynamique dont l’urbanisme connaît un grand essor.

Au lendemain de l’indépendance,Casablanca est devenu une grande concentration urbaine, ce qui a nécessité une maîtrise de son rythme de développement. Cela a été l’objet du Schéma Directeur d’Aménagement Urbain élaboré en 1985.

L’édification de la mosquée Hassan II, donna à Casablanca une dimension spirituelle, religieuse et touristique.

Les grands chantiers lancés par Sa Majesté le Roi Mohammed VI que dieu le glorifie, depuis son intronisation, vise à consolider davantage les efforts concernant l’amélioration des conditions de vie du citoyen Casablancais.

ARCHITECTURE

Les années 20 : Style original, caractéristiques des premières années du Protectorat
L’image d’une « Ville nouvelle » que véhiculent pionniers et colons du début du siècle, attire à Casablanca de nombreux architectes aux origines les plus diverses. Aux débuts des années 20, on compte 3 fois plus d’architectes à Casablanca qu’à Tunis. D’une manière générale, quelque soit la démarche qu’ils décident d’adopter, tous vont être largement influencés par l’art et artisanat marocain. La modernité architecturale à laquelle ils se sont tous adonnés, va être contrebalancée par l’emploi d’ornementations traditionnelles. L’utilisation des arts décoratifs marocains va se combiner aux motifs Art Nouveau et Art déco donnant ainsi naissance à un style original, caractéristiques des premières années du Protectorat.
Dès lors, le pluralisme décoratif des façades des grands immeubles qui voient le jour en centre ville est la règle : les ornementations faites d’angelots, de corbeilles de fruits, ou de têtes de lions se mélangent harmonieusement aux frises en zellige, en stuc ou aux balcons en bois de cèdre comme en témoignent l’hôtel Excelsior, l’immeuble-passage du Glaoui, ou encore les bâtiments administratifs du centre ville.
Les grandes villas coloniales, elles, balancent entre l’hôtel particulier parisien et celle de la côte d’azur avec leurs terrasses et leurs vérandas. Mais celles qui retiennent l’attention des critiques, et que l’on verra régulièrement citées dans les magazines d’architecture, sont les villas néo-marocaines, comme la villa el Mokri aujourd’hui démolie, aux éléments décoratifs marocains et à l’agencement rappelant les hôtels particuliers parisiens.
L’arrivée d’une nouvelle génération d’architectes, à la fin des années 20, formés à de nouveaux principes, va entraîner l’abandon progressif de l’utilisation des décors appliqués.

Les années 30 : Le style néo-mauresque
Avec les années 30, l’heure est au dépouillement : confort et modernité sont les maître mots de la création architecturale balayant ainsi le style néo-mauresque et sa profusion ornementale.
La nouvelle génération d’architectes qui débarquent à Casablanca, à la fin des années 20, n’a qu’une obsession : mettre en pratique les théories modernes apprises sur les bancs de l’Ecole des Beaux Arts de Paris.
Dès lors, le travail sur les volumes remplace celui sur les décors qui laissent la place aux balcons, aux bow-window faisant gagner de l’espace ; les façades des immeubles, qui ne cessent de prendre de la hauteur, se dénudent. Les immeubles de luxe, ou ceux de production courante, tiennent compte du souci de confort qui anime la bourgeoisie casablancaise et tous sont équipés d’ascenseurs, d’incinérateurs à ordures, de garages et les appartements de salle de bain. Véritables oeuvres d’art, les immeubles de luxe du centre ville vont être baptisés du nom de leur commanditaire, faisant ainsi référence de monuments dans cette « ville nouvelle ». Mais ce sont dans les villas que les architectes laissent aller toute leur ingéniosité où ils y expérimentent les dernières découvertes en matière d’habitation et de confort.
Fortement impressionnés par la profusion des constructions, les critiques internationaux s’accorderont tous à décrire Casablanca comme la capitale de l’architecture moderne.

Immeuble Levy Bendayon
La construction de cet immeuble en 1928 par l’architecte Marius Boyer, inaugure le mouvement moderne qui caractérisera les années 30. Perçu comme une tendance forte de l’architecture moderne casablancaise, il reprend le concept du building.

Immeuble Moretti-Milone
Dominant la place des Nations Unies avec ses onze étages, l’immeuble construit par Pierre Jabin, inaugure en 1934 la construction en hauteur dans le centre ville. Le luxe de l’immeuble réside moins dans sa façade marquée par les grandes lignes verticales et horizontales de ses bow vindow que dans la qualité de ses équipements, ou encore le nombre de ses ascenseurs.

Les villas des années 30
Le quartier du Parc, archipel de verdure et de calme, situé à proximité du centre ville, a été relativement préservé. Dans la rue d’Alger, la rue du Parc, et le boulevard Moulay Youssef, bordés de magnifiques palmiers, on peut encore contempler quelques magnifiques villas Art nouveau ou Art déco des années 30, même si la plupart ont laissé la place à des immeubles de construction récente.

Les années 50 : La modernité fait son entrée
Les années 50 marquent une ère de prospérité économique qui va fortement influer sur la production architecturale de l’époque. Trouvant écho dans la nouvelle génération d’architectes, les choix de la bourgeoisie casablancaise, fortement imprégnée de culture américaine, portent sur des villas aux accents californiens. De style ultra-moderne, les villas des années 50 sont avant tout marquées par la personnalité de leurs architectes.
Oeuvres personnelles, elles étonnent par la hardiesse des leurs lignes, et par l’innovation architecturale dont elles font preuve. Mais cette liberté de ton ne fait pas l’unanimité, et les différences de style vont accompagner les différences de classe : si le style ultra-moderne séduit les classes très aisées, la petite bourgeoisie se fait construire, dans les quartiers du CIL, des villas au style métissé reprenant les grandes lignes de l’architecture méridionale.
Mais les années 50 vont avant tout être profondément marquées par l’invention de « l’habitat pour le plus grand nombre » mis en place par Ecochard et son équipe en 1950. Le développement des programmes publics de logement donne ainsi naissance à de grands ensembles d’habitations bon marché destinés aux musulmans, aux israélites, et aux européens. Ainsi, par exemple, la cité d’habitation des carrières centrales devait permettre de résorber les bidonvilles tout en offrant aux musulmans des habitations respectant les habitudes traditionnelles ; la cité d’el Hank, prévue pour reloger les 18 000 israélites de l’ancienne médina, ou encore la cité de Bournazel (1954) destinée à une clientèle européenne très modeste.
Parallèlement, la multiplication des loisirs de masse entraîne le développement des clubs privés sur la corniche, la construction de nouvelles salles de cinéma, comme le Lutetia en 1950 ou encore le développement des stations services et garages, dont le garage Volvo en 1950 constitue un exemple architectural étonnant.
La culture architecturale des années 50 se poursuivra après l’Indépendance jusque dans les années 80, où on verra l’irruption des thèmes post-modernes.

Villa Sami Suissa
Première construction du genre, la villa construite par Jean François Zevaco en 1947, a inauguré le style ultra moderne caractéristique des années d’après guerre. Jugée révolutionnaire, la villa, maintes fois citée dans les revues internationales d’architecture, est aujourd’hui devenue l’un des emblèmes de la ville.

Aérographe de Tit Mellil
Nul mieux que ce monument illustre la liberté de création dont on fait preuve les architectes d’après guerre. Construit en 1953 par Jean François Zevaco, l’aérogare, avec sa structure en béton brut associé à ses murs blancs, rompt avec la tradition architecturale des édifices publics construits jusqu’alors.

Immeuble Liberté
Avec ses 17 étages, l’immeuble Liberté, construit en 1949 par Léonard Morandi, était considéré comme « la première expérience africaine à grande hauteur pour immeuble à appartements ». Situé sur le boulevard Zerktouni, il est aujourd’hui l’un des symb